Hier, le député Thomas Lokondo a manifesté son agacement face à ce qu’il appelle « l’exhibitionnisme » de la Justice pour avoir divulgué dans les réseaux sociaux en quasi temps réel les mandats de comparution de Deogratias Mutombo et Henri Yav Mulang dans l’affaire 100 000 000 de Mutanda Mining. Cette réaction de dépit, loin d’être anodine, lève des interrogations sur la sincérité et le sens d’éthique de nos députés.
N’oublions pas que sous la pression populaire à propos de l’affaire 15. 000 000 puis l’affaire sauts-de-mouton que le procès des 100 jours a finalement eu lieu, procès qui entre dans l’histoire comme premier coup de pioche au chantier d’une justice sans intouchables. S’il ne tenait qu’aux politiques, il est peu probable que ce procès ait eu lieu. On se souvient de la pirouette de Fatshi, allant jusqu’à inventer la justification par « retrocomissions » pour sauver ses alliés politiques empêtrés dans l’affaire 15 000 000.
On sait tous que la politique c’est des deals obscurs, plus ou moins acceptables, mais le peuple n’est pas contraint au rôle de dindon de la farce. Le FCC, ce n’est un secret pour personne, a plus de cadavres économiques dans le placard que Jammal Samir et VK : Bukanga Lonzo, SNEL, Affaires Panama Papers … Il a passé un deal avec le CACH, certes, mais cela ne veut pas dire que c’est un contrat pour l’impunité qui doit contenter le peuple. L’Inspection Générale des Finances vient de déclarer pas plus tard qu’hier que l’on peut estimer à 5 milliards de dollars les évasions financières avec la complicité des organes de l’Etat. Quoi de plus normal pour le peuple que de dresser l’oreille ? Honni soit qui mal y pense, et Henri-Thomas Lokondo y a mal pensé. Honni soit-il pour ce.
La Justice fait bien de mettre sur la place publique les différents épisodes de son travail, comme cela a été le cas avec le procès des 100 jours, diffusés en direct à la télévision nationale. Eu-ce été dans l’obscurité des couloirs, que le dossier aurait été arraché au juge Bakenga sur réquisition de la Cour constitutionnelle, ni vu ni connu.
Henri-Thomas Lokondo, cadre du FCC, essaie depuis quelque temps de vendre une image d’électron libre du FCC et animateur d’une dynamique pour la réforme des élections. Est-il sincère ou bien est-ce une opération de charme, pour mieux jouer le rôle d’avocat de sa famille politique comme dans cette affaire 100 000 000 ? Anyway, la Banque Centrale du Congo est un nid à vipères, dont quelques griefs ont été survolés dans mon post d’il y a deux jours (Les indélicatesses de Deogratias Mutombo et Henri Yav Mulang). On ne peut pas ne pas fouiner. N’en déplaise.
Serge Gontcho di Spiritu Sanctu (+ 243 81 27 22 490)
Conscience Nationale en Action (CNA)
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